Numéro 8 (Makaya McCraven, boygenius, Antarctigo Vespucci)

Makaya McCraven

Deux mois après avoir lancé Bonyenne sous cette forme, quel constat faire? Le rythme de publication semble justifier la quantité de bonne musique qui se fait. À ce jour, chaque album recensé à l’intérieur de ce blogue mérite une écoute attentive. Tant qu’il se fera de la bonne musique, la cadence sera facile à maintenir.

Photo de couverture: Makaya McCraven (David Marques)

Makaya McCraven – Universal Beings

Le cliché se prête bien à cet ambitieux disque de Makaya McCraven; sa manière d’approcher le jazz fait reluire le caractère universel de la musique.

Enregistré dans quatre villes avec quatre groupes différents, Universal Beings réussit le tour de force de plaire autant à l’oreille formée qu’au mélomane fortuit. Peu de parutions en 2018 partagent l’accessibilité et l’audace de ce disque.

En cette ère de polarisation, l’imposant troisième album du batteur est un véritable cadeau émouvant et enivrant.

Boygenius – Boygenius EP

Le supergroupe formé par Julien Baker, Phoebe Bridgers et Lucy Dacus ne se démarque pas avec son pedigree, mais plutôt par le choc de la rencontre entre les trois auteures-compositrices.

Dans ce contexte, cet EP mérite une écoute attentive, non pas pour le hype qui entoure boygenius, mais parce qu’on a affaire à de l’excellente chanson rock enveloppée par de sublimes harmonies vocales à trois.

Antarctigo Vespucci – Love In the Time of E-Mail

Après s’être attaqué à l’état des États sur Post-, l’exubérant Jeff Rosenstock s’intéresse au caractère artificiel des relations humaines en 2018 par l’intermédiaire de son projet parallèle Antarctigo Vespucci.

Sous cette pop indé musclée à coup de guitares, Love in the Time of E-Mail offre un constat qui a de quoi rendre cynique. Heureusement, l’emballage mélodique absorbe cette grisaille.

Numéro 7 (Open Mike Eagle, Neneh Cherry, Erosion)

Open Mike Eagle

Chez Bonyenne, la variété c’t’un mode de vie. Il y a bien un fil conducteur ici; d’la musique, c’est d’la musique pis dans le fond, l’enfer, c’est nous autres.

Photo de couverture: Open Mike Eagle (Emari Traffie)

Open Mike Eagle – What Happens When I Try To Relax

En annonçant la sortie de cet EP, Open Mike Eagle a affirmé que ces six chansons peuvent se mesurer contre n’importe quelle autre demi-douzaine de morceaux rap parus cette année.

Le principal intéressé a raison de parler de What Happens When I Try To Relax avec cet excès de confiance. À vrai dire, en évoquant les Bulls de Chicago et son championnat de la NBA en 1993, Open Mike Eagle débarque avec le talent d’un Michael Jordan et la solidité d’un Scottie Pipen.

C’est toutefois en touchant aux thèmes du malaise social (Relatable) et de l’absence (Single Ghosts) avec verve et candeur que OME réussi un panier à trois points, car les six chansons se mesurent à n’importe quelle autre parution rap en 2018, qu’importe la longueur.

Neneh Cherry – Broken Politics

À l’intérieur du climat politique actuel, les réflexions de la vétérane Neneh Cherry résonnent avec une importance particulière. La politique est brisée, mais l’heure passée en exploration musicale en sa compagnie offre une piste de solutions d’une manière intimiste.

C’est avec cette sensibilité au coeur de Broken Politics que l’on plonge en apnée en groovant avec Cherry. Le métissage musical qui en découle s’inscrit en plein dans ce qui définit sa discographie éparpillée en prêt de trente ans, tout en affichant audace et modernité.

En fait, en cette époque d’instantanéité et de colère, Broken Politics s’écoute au ralenti avec le cool du trip hop et le recul des grands poètes.

Erosion – Maximum Suffering

« And now for something completely different, » comme dans l’anthologie des Monty Pythons. Parmi l’offre métal au Canada, Erosion ressort du lot.

Ce supergroupe formé de membres de 3 Inches of Blood et autres Baptism débarque avec une immense galette croutée trempée dans la swompe. Maximum Suffering c’est aussi un maximum de volume crinqué, de cynisme et de lourdeur.

Les instants d-beat font parti des moments forts de cet efficace disque qui donne envie de se beurrer de cendres.

Numéro 6 (Salomé Leclerc, Valley Maker, zouz)

Salomé Leclerc

Bonyenne a beau servir de porte-voix pour parler de tounes infusées dans le Big Muff et dans les hameçons rock, y’a pas que ça dans la vie. Y’a aussi ben du beau, comme dans la sobriété de Salomé Leclerc, le cours d’americana 101 de Valley Maker et les nouveaux horizons de Zouz.

Photo de couverture: Salomé Leclerc (Jerry Pigeon)

Salomé Leclerc – Les choses extérieures

Salomé Leclerc nous lance en guise d’introduction à ce troisième disque que « Le trajet n’a plus d’importance. » La remarque est empreinte de douce ironie tant l’itinéraire tracé par l’auteure-compositrice-interprète s’inscrit dans les meilleurs coups francophones des dernières années et parmi les meilleurs disques de l’année, toutes langues confondues.

Les choses extérieures frappe plutôt en dedans parce que Leclerc s’affranchit à travers les dix chansons. La sobriété des arrangements nous plonge en hypnose au point de tomber sous hypnoses dans les moments forts. Cela s’explique par l’élégante pureté qui habite les textes et qui hante l’esprit du texte.

Puis, quand la magnifique Ton équilibre surgit à titre de point d’orgue, on se retrouve surélevé ailleurs pour se faire envelopper par toute la beauté de la chanson. Si Salomé Leclerc précise qu’elle est venue parler d’elle « sans le mystère que je traîne », c’est qu’elle nous fait tout un cadeau avec Les choses extérieures.

Valley Maker – Rhododendron

Le deuxième disque du projet folk rock d’Austin Crane porte un nom intéressant. Les rhododendrons incarnent le danger et la prudence, mais l’offre se fait plutôt réconfortante et apaisante.

Plutôt que d’ouvrir les plates-bandes du genre, Valley Maker se contente de les embellir à coup d’intonations et d’influences. Le résultat s’inscrit dans la tradition songwriter américaine, en conservant l’approche académique de son disque homonyme (2010) lancé comme projet d’études universitaires.

Avec cela en tête, il est facile de déceler sur Rhododendron un énoncé de la thèse en l’idée que la vulnérabilité se doit d’être partagée, accompagné par les titres qui servent à démontrer cela et des référents musicaux à l’univers americana en guise de sources. Comme dans la lecture de tout travail universitaire, il faut donc accepter de jouer le jeu de l’auteur avec un regard critique pour en saisir l’essence.

zouz – EP2

Le trio montréalais a franchi un pas de géant au courant de l’année et demi qui sépare la parution de ses deux EPs. Sur le deuxième volume, son approche bruyante se retrouve élargie par l’urgence et la profondeur des arrangements infusés aux six titres.

Ainsi, les grands espaces froids d’Acte manqué côtoient le rock à la Lac Saint-Jean de Saint-Fortunat. Le produit final y trouve tant une nouvelle cohérence qu’une audace, comme en témoigne l’alternance entre le groove et la saturation de Bordée tu nages. Je suis game.

Numéro 5 (Alaclair Ensemble, Fucked Up, GØGGS)

Alaclair Ensemble

Je me prépare à franchir le cap de la trentaine. Attaboy. En attendant, cet anniversaire me sert de prétexte pour parler de trois disques lancés par des groupes qui ont accompagné ma vingtaine. C’est le métier qui rentre, le jeune. Comme dans la toune de 1755, tant qu’à « apprendre à vivre vieux », je vais le faire avec Alaclair Ensemble, Fucked Up et un des projets latéraux de Ty Segall.

Photo de couverture: Alaclair Ensemble (Olivier Robitaille)

Alaclair Ensemble – Le sens des paroles

Voilà huit ans déjà depuis qu’une gang de chums fait partie de mes artistes francophones préférés. Ça ne me rajeunit peut-être pas, mais l’âge, comme la minceur, c’est un état d’esprit qui évolue avec le temps, comme en témoigne Le sens des paroles.

En fait, le disque s’écoute comme l’aboutissement des huit dernières années chez Alaclair Ensemble. Sans failles, ni temps mort, le collectif se dévoile avec une production efficace et cohérente, en atteignant un niveau d’unicité redoutable parmi l’offre hip-hop actuelle. Plutôt que de superposer le mauve et l’orange fluo, Alaclair Ensemble arrive à redessiner sa carte du Bas-Canada en monochrome.

C’est en nous forçant à tendre l’oreille et ouvrir l’oeil que Le sens des paroles réussit son plus grand exploit. Avec la graisse dans leurs habits d’neige, la radio brûlée à cause des lampadaires ou le boulot principal comme plan b quand même clean, les quatorze titres nous forcent à creuser et trouver notre propre sens à l’offre d’Alaclair Ensemble.

Fucked Up – Dose Your Dreams

Après le décevant Glass Boys (2014), Dose Your Dreams n’est pas qu’un rebond, c’est un pas de l’avant qui nécessite de multiples écoutes afin de tout digérer. Il faut contourner l’effet d’artifice, ignorer la liste d’invités et plutôt savourer les excès de Fucked Up.

Damian Abraham n’a plus à gueuler sous des riffs denses. Le groupe arrive plutôt à transcender les genres sans se dénaturer. Ainsi, on a droit à de magnifiques instants de rock radiophonique rassembleurs (Normal People), aux clins d’oeil collégiens (Came Down Wrong) et même à des instants de métissage entre le disco et le punk sur la pièce-titre.

L’exploit n’est pas tant d’en beurrer épais, plutôt qu’à le faire en demeurant authentique et pertinent. Fucked Up demeure une formation polarisante, mais ce cinquième disque studio propulse son offre bien au-delà de son statut de curiosité virulente. N’ayons pas peur des mots; Dose Your Dreams est un excellent disque pop.

GØGGS – Pre Strike Sweep

C’est bien beau l’ambition et les approches conceptuelles, mais faut toujours se rappeler qu’au final, ce n’est que du rock’n’roll. Dans cette optique le deuxième album de GØGGS offre de solides brûlots saturés sans prétention, mais avec de nombreuses références au hardcore américain des années 1980s.

Les guitares du quatuor couinent sous une solide section rythmique qui arrive à destination à chaque fois qu’ils verrouillent une progression rythmique. Toutefois, c’est dans les instants les plus directs et urgents que l’album connaît ses meilleurs moments.

Numéro 4 (Gouge Away, Lala Lala, Kero Kero Bonito)

Gouge Away

Bonyenne se retrouve au coeur d’un triangle pour ce quatrième billet. Le bas de celui-ci est occupé par des constants intimistes, en format hardcore chez Gouge Away et livré dans les vapes du rock indé avec Lala Lala. En haut, avec tout son déjantement, Kero Kero Bonito s’appuie en équilibre sur ce dégradé qui passe du noir au rose.

Photo de couverture: Gouge Away (courtoisie)

Gouge Away – Burnt Sugar

Bien que le quatuor floridien Gouge Away se décrit comme une formation hardcore, cela ne se traduit ni par une assimilation des codes du genre ni par un who’s who de ses influences.

À l’autre extrême, le groupe ne réinvente pas son genre de prédilection pour autant, en laissant les grandes ambitions à ses contemporains. Burnt Sugar se démarque plutôt avec sa créativité et son absence de filtres, sans toutefois perdre en cohérence ou en force de frappe.

En joignant l’urgence à la franchise, Gouge Away livre un disque à fleur de peau qui puise son énergie autant lorsqu’il livre ses rythmes expéditifs sans relents que lorsqu’il s’offre un brin de recul. Pourtant, le résultat final demeure à la fois intime et livré avec une liberté émotive déconcertante.

Lala Lala – The Lamb

Il ne faut pas se laisser berner par l’emballage gris des musiques de The Lamb, le deuxième disque de Lala Lala. Celles-ci servent plutôt d’outil afin de permettre à Lillie West de s’affranchir du poids des démons qu’elle traîne avec elle.

Le produit dévoile sa mélancolie sans fuite ni tristesse. La sobriété des arrangements se fait plutôt lumineuse, comme si les quelque 30 minutes finissaient par dégager une forme de sérénité, bien complémentaire à l’instantanéité de Sleepyhead en 2016.

C’est mission accomplie pour la principale intéressée qui voulait utiliser ce disque afin de puiser une nouvelle force dans sa vulnérabilité. À vrai dire, West fait bien plus que traduire cela en musique, car indirectement, The Lamb nous offre une clé afin d’apaiser nos tempêtes internes.

Kero Kero Bonito – Time ‘n’ Place

Oublions l’effet de surprise qui a accompagné la sortie inattendue du deuxième album de Kero Kero Bonito. Le trio attire plutôt notre attention dans un tourbillon multicolore en ajoutant des guitares saturées à son offre électronique.

Si la formation anglaise ne fait qu’à sa tête, cela la sert bien dans son joyeux chaos power pop de Only Acting. À vrai dire, ces instants hybrides entre le grunge et la pop font de Kero Kero Bonito, ressortent du lot comme une paire de Doc Martens rose fluo.

À travers les glitchs et les nombreux virages à gauche excès de Time ‘n’ Place à gauche, ce disque rappel qu’on a affaire à des créateurs innovateurs qui ont un flair mélodique hors pair.

Numéro 3 (Black Belt Eagle Scout, Lonely Parade, Bad Moves)

Black Belt Eagle Scout

Cette semaine, Bonyenne s’intéresse aux confessions dans un emballage rock, comme celles révélées au grand jour par Black Belt Eagle Scout, celles qui remontent à la surface avec Lonely Parade et celles que l’on garde sous silence avec Bad Moves.

Photo de couverture: Black Belt Eagle Scout (Jason Quigley)

Black Belt Eagle Scout – Mother of my Children

Jeremy Dutcher a évoqué une renaissance autochtone lors de son discours d’acceptation du prix Polaris, tout en demandant si nous étions prêts à entendre les vérités qui doivent être dites et à voir les choses qui doivent être vues.

Katherine Paul, originaire d’une communauté autochtone du nord-ouest des États-Unis s’inscrit dans ce courant. Avec le magnifique Mother of my Children, elle livre un regard personnel qui parle à la première personne d’instants de triomphes identitaires (Soft Stud), ou d’intimité bouleversante (I Don’t Have You In My Life).

Le combo entre l’urgence du rock collégien et les grands espaces ouverts de manière minimaliste permet à Black Belt Eagle Scout de nous empoigner à l’état brut, sans avoir recours à des artifices inutiles. En fait, Mother of my Children est plus qu’un des meilleurs coups de l’année tant il s’agit d’un disque bouleversant et nécessaire.

Lonely Parade – The Pits

Ma première impression de Lonely Parade remonte à l’édition 2014 de Sappyfest. À l’époque, le trio proposait un audacieux mélange, comme si Rush rencontrait Pavement. On est peut-être dans le subjectif, mais c’est dans mes cordes en bonyenne.

Les dix titres de The Pits me ramènent sous la grande tente blanche à Sackville. L’offre musicale s’écoute avec le même plaisir grâce à sa créativité, comme si les titres arrivaient à être à la fois impulsifs, réfléchis et ordonnés.

C’est plutôt quand le trio déferle avec ses vérités à géométries variables qu’on plonge dans le fossé que ses membres creusent. Oui, on peut finir par s’écoeurer soit même au point de vouloir frapper son ombre sur le pavé (I’m So Tired) ou laisser certaines relations s’effriter au point de remettre en question notre relation envers le monde extérieur (Bored).

The Pits n’incarne pas le fond du baril, mais plutôt un rappel qu’une fois ledit baril plein, il éclate dans tous les sens, comme avec la force de frappe de Lonely Parade.

Bad Moves – Tell No One

Je vais à l’encontre des voeux de Bad Moves, car j’ai bel et bien l’intention de parler de cet album à tout le monde.

Trêve de facilité: Tell No One n’est pas une référence à la stratégie de mise en marché du quatuor, mais plutôt sur ces trucs qui nous définissent, mais que l’on refoule.

Cette thématique du secret est explorée avec la manière dont on les divulgue (One Thing) ou sur l’impact tangible qu’ils ont sur nos relations (Family Secret). Musicalement, la power pop est hautement contagieuse et propose un imposant exutoire.

Notons toutefois que c’est lorsque Bad Moves se fait motivateur qu’il est le plus efficace. Change Your Mind est un appel à la nécessité de faire sortir le meilleur d’entre-nous, pour notre bien-être et par conséquent, pour celui des autres. De toute façon, mieux vaut ne pas s’attarder au côté croissance personnel pour plutôt tendre l’oreille. Le quatuor rappel que la vie n’a pas à être une croisière tranquille, et il a sûrement raison si le résultat permet d’obtenir un disque comme Tell No One.

Numéro 2 (Subsonic Eye, Booji Boys, somesurprises)

Subsonic Eye

Cette semaine, Bonyenne s’inspire de Carmen Sandiego et voyage entre l’orient, la côte pacifique américaine et la côte est Canadienne grâce à trois parutions qui ont laissé une solide impression sur notre radar tout en n’ayant pas l’attention des disques attendus de l’automne.

Photo de couverture: Subsonic Eye (Chris Sim)

Subsonic Eye – Dive Into

Au départ une curieuse découverte exotique, le deuxième album de Subsonic Eye est devenu une véritable obsession. À preuve, j’ai fini par écouter Dive Into au moins une fois par jour dans la dernière semaine, ce qui a fait grimper mon quota de musique singapourienne à de nouveaux sommets. Bon, je vous l’accorde: on parle plutôt de premiers sommets. 

Au long des neuf chansons, l’efficacité du groupe déferle avec cohérence grâce à sa force de frappe pour amener son rock indé vaporeux à bon port. La plongée se fait avec nostalgie, sans étirer la mélancolie inutilement, entre autres avec la qualité des musiciens qui soutiennent aisément la proposition.

Les propositions similaires aux croisements entre le shoegaze et la pop rêveuse se multiplient et manquent de souffle. Subsonic Eye évite cela en réussissant l’exploit d’exiger que l’on multiplie les écoutes en tombant sous son charme à chaque fois. La roue n’a pas à être réinventée, mais bonyenne qu’on aimerait l’avoir en format physique pour prolonger notre plaisir!

Booji Boys – Unknown Pleathers

J’ai souvent fait l’éloge des valeureux Haligoniens Booji Boys dans le passé. Il faudra s’habituer à mon enthousiasme, car le groupe maintient sa prolifique acrobatie punk sans se répéter ni se dénaturer.

Le EP Unknown Pleathers sert de complément aux deux disques complets lancés en 2017. On demeure dans le même terrain de jeu en oscillant entre son chaos déjanté en lo-fi et un plaisir primaire garage. Il ne faut pas voir de signe d’essoufflement dans cette continuité, mais plutôt un solide rappel que Booji Boys est une force redoutable parmi l’offre punk nord-américaine.

somesurprises – Alt

somesurprises porte bien son nom, car son EP Alt ne fut pas du tout attendu. L’effet de surprise comble mon appétit à l’écoute de ces trois titres qui démontrent de beaux flashs par l’entremise d’influences krautrock et psychédéliques. 

Le groupe mené par Natasha El-Sergany opère bien dans ses chaleureuses envolées planantes (Low on Sleep) et son romantisme rétro cinématographique. Il faut attendre la pièce-titre pour traverser un épais nuage qui se transforme d’un mauve chaleureux au jaune d’un clair de lune en neuf minutes. À défaut de se détacher des codes et de ses influences, la formation originaire de Seattle arrive à les digérer de manière à livrer un très bon EP.